Les manuscrits de la Catena (en cours)

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La diffusion de la Catena aurea : les manuscrits
© Martin Morard, CNRS, 5.5.2016
Il est à noter qu’il n’existe pas une Catena aurea, mais quatre « qui, critiquement, sont quatre œuvres distinctes » (Bataillon 1994, La diffusione manoscritta, p. 581[1]).
Le succès de la Catena comme texte ne saurait se mesurer au seul nombre de cotes de manuscrits conservés.
L’histoire de la tradition manuscrite de la Catena est donc différente pour chacun des quatre évangiles, et, plus probablement, pour la Catena sur Matthieu (MT) d’une part, et la Catena sur Marc (MC), Luc (LC) et Jean (IO) d’autre part, en raison de l’histoire de leur rédaction (voir présentation de l’œuvre).
1. La Catena a été diffusée par ‘exemplar et pecia’, au plus tard en 1275, date de la première liste de taxation conservée[2]. Le succès de l’œuvre ne saurait donc se réduire, en l’occurrence, au seul nombre de cotes de conservation actuelle des manuscrits latins. Il est également proportionné à l’importance liturgique et exégétique des évangiles concernés.
2. Aux manuscrits conservés, il faut également ajouter les manuscrits attestés perdus ou non identifiés. Ainsi :
CTMT : 1 témoin perdu signalé dans le catalogue du couvent dominicain de Dijon, item 84, vers 1307.
CTMC : 1 témoin perdu faisait suite à CTMT dans Lo5 ; voir ci-dessous : Louviers.
CTMC : 1 témoin perdu signalé dans le catalogue du couvent dominicain de Dijon, item 84, vers 1307.
CTLC : 1 témoin perdu signalé dans le catalogue du couvent dominicain de Dijon, item 84, vers 1307.
CTIO : 1 témoin perdu signalé dans le catalogue du couvent dominicain de Dijon, item 84, vers 1307.
3. La Catena e a fait l’objet dès le 15e siècle de traductions dont l’impact sur les acteurs de la Réforme protestante et de la Réforme catholique doit être évalué
- en allemand :
 

- en moyen anglais[3] :

4. La Catena a également fait l’objet de recueils organisés par péricopes évangéliques lues à la messe. Le plus important à l’usage des prédicateurs dominicains, est l’Expositio evangeliorum de tempore et de sanctis secundum Thomam de Aquino, éditée par Pierre de Gêne, OP, qui a fait l’objet d’une édition incunable (1494) mais est déjà attesté par plusieurs manuscrits ; il réagence le contenu de la Catena selon l’ordre des péricopes liturgiques de la liturgie dominicaine. L’œuvre se présente exactement comme la Catena aurea originelle, à l’exception du fait que les péricopes évangéliques et les sentences patristiques ne sont pas agencées selon l’ordre du texte biblique, mais selon celui de la liturgie : évangiles des dimanches, des féries et des fêtes des saints. Nous détachons les témoins de cette œuvre de ceux de la tradition directe :
Le tableau de la tradition critique précisera lequel des quatre évangiles est concerné, ainsi que le nombre de pièces (pecie) relevées lorsqu’il y a lieu. D’après un recensement provisoire[6], le texte de la Catena est contenu, en tout ou en partie, dans plus de 372 témoins ou unités codicologiques conservés, regroupées dans quelques 250 cotes ou manuscrits[7]. Les livres de la Catena sont en effet souvent reliés par paires : MT+MC / LC+IO ; mais on trouve aussi d’autres associations, notamment MT+LC, MC+IO.
D’après un premier recensement en cours de réévaluation, les témoins latins conservés se répartissent comme suit[8] :
Catena super Matheum : 89 témoins complets + 17 fragments [dont 12 manuscrits avec indications de pecia + 1 [9]] = 106
Catena super Marcum : 73 témoins complets + 7 fragments [dont 13 manuscrits avec indications de pecia] = 80
Catena super Lucam : 82 témoins complets + 11 fragments           [dont 12 manuscrits avec indications de pecia] = 93
Catena sur Jean : 88 complets + 5 fragments [dont 10 manuscrits avec indications de pecia+ 1[10]]= 93
Le tableau ci-dessous [mise en ligne ne préparation], encore incomplet et en cours d’enrichissement, inclut la liste de manuscrits proposée par la base Fama (IRHT 2015), complétée et précisée par l’examen des manuscrits, le dépouillement des Codices sancti Thomae  dont les derniers volumes sont en cours de publication (t. 4 à paraître, t. 5 en  préparation) et la littérature citée en notes.
Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT-CNRS), "Notice Thomas Aquinas (1225?-1274), Catena aurea", dans Pascale Bourgain, Francesco Siri, Dominique Stutzmann, FAMA : Œuvres latines médiévales à succès, 2016 (permalink : http://fama.irht.cnrs.fr/oeuvre/268435). 
Les datations sont par défaut celle des Codices telles que transcrites dans Fama, mais il nous arrive de les corriger en fonction de la bibliographie ou d’autres critères indiqués en note. Mais Le Repertorium Biblicum de Fr. Stegmüller (n° 8044-8047 , t. 4, t. 8: Supplément, et version électronique en ligne) est fortement erroné. Son census codicum est obslète depuis les travaux, révisions et corrections de Shoonner 1959[11] et des Codices Sancti Thomae : il ne recenque que quelque 135 manuscrits dont plusieurs contiennent pas la Catena aurea). Nous n’en tenons compte que pour les fonds non encore décrits dans les volumes publiés des Codices sancti Thomae. Je remercie Denise Bouthillier pour m’avoir communiqué les informations concernant le tome IV des Codices (Parme-Valencia).
NOTA BENE :
1.     Nous ne tenons pas compte ici de la tradition indirecte de la Catena (citations dans des sermons ou des écrits d’une autre nature que le texte d’origine).
2.     Nous ne recensons pas non plus ici les traductions ni les manuscrits de la version pour les dimanches et fêtes.
3.     Nous intégrons les fragments isolés.
4.     Toulouse, BM, 0047 ne contient pas le texte de la Catena aurea, mais une Table de son contenu.

 




[1] Bataillon (Louis-Jacques), « La diffusione manoscritta dei commenti biblici di San Tommaso d'Aquino », Angelicum 71 (1994), 579-590.
[2] Cf. désormais Murano (Giovanna), Opere diffuse per exemplar e pecia, Turhout, 2005 (FIDEM, textes et études du Moyen Âge 29), p. 780-784, § 898-901 et p. 80-89 [1275] et 120-124 [25 février 1304].
[3] Cf. Sharpe (Richard), A Handlist of the Latin Writers of Great Britain and Ireland before 1540, Turnhout, 1997 (Publications of the Journal of Medieval Latin, 1), p. 701  : Catena aurea in quatuor euangelia, English tr. known as the Middle English Glossed Gospels, mainly derived from Thomas: unpr. [The same pairing as at Syon survives in Bodl. MS Bodley.] SS2.102 (‘in opere solenni super Lucam et Iohannem in anglico’).#
[5] f. 87ra-100rb. Excerpta sur quelques péricopes liturgiques (à préciser).
[6] D’après  G. Conticello 1990, p. 42, notamment grâce aux renseignements fournis par L. J. Bataillon et L. Réid de la Commission léonine. Le catalogue des oeuvres de saint Thomas dressé par Ignatius Eschmann, « A Catalogue of Saint Thoma’s Work : Bibliographical Notes », dans E. Gilson, The Christiam Philosophy of St. Thomas Aquinas, New York, 1956, p. 381-437, mis à jour et amendé par Th. Weisheipl, Tommaso d’Aquino. Vita, pensiero, opere, Milan, 1987, p. 369, ne propose aucun décompte précis des manuscrits de la Catena. Le catalogue publié sous la direction de Torrell, Initiation à saint Thomas, 2002, p. 204, dépend de Conticello sur ce point. De même Sharpe (Richard), A Handlist of the Latin Writers of Great Britain and Ireland before 1540, Turnhout, 1997 (Publications of the Journal of Medieval Latin, 1), p. 701 qui suit Torrell en répétant les même références bibliographiques.
[7] Il faudra attendre la publication de tous les volumes des Codices sancti Thomae pour être en mesure de corriger les recherches signalées à la note précédente.
[8] J’ajoute l’indication des manuscrits avec indication de pecia d’après.
[9] On peut y ajouter Li446 dont les marques de pièce ont probablement disparu sous le couteau des relieurs, mais dont les liens avec Li447 Li447 Li448, tous trois munis de marque de pièces, sont évidents.
[10] On peut y ajouter Di73b dont les marques de pièce ont probablement disparu sous le couteau des relieurs, mais dont les liens paléographiques et iconographiques avec Di73a sont évidents.
[11] Cf.Shooner (Henri Victor), [Compte-rendu de] Fr. Stegmüller, Repertorium biblicum medii ævi, t. 5, Madrid 1955, n° 8019-8073, dans BT 10, 1 (1957-59), 106, n° 180, p. 99-112, Catena : p. 109-110.