Les usages sociaux des Livres sacrés, IXe-XVe siècle (Bibles, Corans, Europe occidentale latine) Journées d’étude des 27 et 28 mai 2010

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Les usages sociaux des Livres sacrés, IXe-XVe siècle

(Bibles, Corans, Europe occidentale latine)

Journées d’étude des 27 et 28 mai 2010

Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (LAMOP)
C.N.R.S/U.M.R 8589, Centre Malher, petit amphithéâtre
9 rue Malher, Paris 75004 (métro Saint-Paul)
 
Inscription requise auprès de : benoit.grevin@orange.fr
 
 
27 mai. Matin. Les formes du livre : sous la présidence d’Ezio Ornato, (CNRS-LAMOP)
 
10H00 : Lila Yawn (John Cabot University/Rome) : Les Bibles atlantes italiennes entre « fabrique » professionnelle et patronage laïc (XIe-XIIe siècles).
 
11H00 : Chiara Ruzzier (CNRS/LAMOP) : Des armaria aux besaces : la mutation de la Bible au XIIIe siècle.
 
12H00-14H00 : buffet
 
27 mai. Après-midi. Problèmes de mémoire : sous la présidence d’Olivier Boulnois (CNRS-LEM)
 
14H00 : Martin Morard (CNRS/LEM) : La mémorisation du psautier au Moyen Âge : un mythe bien réel.
 
15H00 : Lucie Doležalova (université Caroline, Prague) : Pourquoi des Biblie metrice ?
 
 
 
 
28 mai. Matin. Supports d’enseignement et stimulus pour penser la société : sous la présidence de Marc Geoffroy (CNRS-LEM)
 
10H00 : Benoît Grévin (CNRS/LAMOP) : Apprendre l’arabe sur le Coran (et les Psaumes) dans l’Italie du XVe siècle.
 
11H00 : Tamás Visi (université d’Olomouc) : The Torah and the Active Intellect: Medieval Jewish Philosophers on the power of Sacred Texts and the control of society.
 
12H00-14H00 : buffet
 
28 mai. Après-midi. De la réflexion à l’instrumentalisation : la Bible comme arme politique :sous la présidence de Dominique Iogna-Prat (CNRS-LAMOP)
 
14H00 : Alexis Charansonnet (université Lyon II) : Les débuts de l’aventure angevine à la lumière de l’exégèse biblique : heurs et malheurs de la théocratie papale d’après les sermons de circonstance du cardinal Eudes de Châteauroux (ca. 1266- ca. 1271).
 
15H00 : Aude Mairey (CNRS/LAMOP) : Bible et hérésie : le cas du wycliffisme.
Problématique :
 
Il n’est plus nécessaire d’établir des ponts entre l’étude des textes sacrés et l’histoire médiévale. Tout en continuant à faire l’objet d’études particulières justifiées par les problèmes que posent à la fois leur exceptionnellement riche tradition manuscrite et leur statut d’objet textuels à l’intersection des études exégétiques, théologiques, littéraires et historiques, les textes sacrés sont désormais envisagés comme l’une des plus importantes, sinon la plus importante des forme mentales innervant la production de l’écrit et la pensée médiévale, mais aussi encadrant, inspirant ou justifiant nombre de pratiques sociales, de l’automatisme linguistique isolé jusqu’à l’encadrement institutionnel et social dans le temps long du Moyen Âge.
La multiplicité même des problèmes posés par l’analyse de l’interaction entre ces corpus textuels et le corps social impose d’autant plus de réfléchir à l’articulation des différentes pratiques scientifiques recouvertes par le concept d’études bibliques, coraniques, talmudiques etc… avec la pratique de l’historien. Un premier problème est posé par l’évolution de ces corpus, tant dans leurs composantes textuelles, que leur aspect matériel dans le temps long. Si les régimes de transformation des textes sacrés sont à coup sûr particuliers, que nous apprennent-ils sur leur interaction avec le corps social ? Au-delà même de cette interaction fondamentale, les formes de diffusion, de transmission et d’exploitation des textes sacrés mettent en jeu une série de facteurs qui invitent à dépasser le cloisonnement interdisciplinaire de l’histoire de la pensée, de l’histoire politique et de l’histoire sociale ou littéraire. Car comment déconnecter la réflexion théologique, l’enseignement linguistique, la mémorisation et l’utilisation ponctuelle, littéraire, subversive, institutionnelle et politique de ces formes textuelles ?
 
La présente journée double souhaite envisager ces usages sociaux médiévaux des textes sacrés du monothéisme abrahamique en tentant d’articuler différents aspects de leur interaction avec le corps social, de la production et de la transmission jusqu’à l’exploitation politique en passant par la spéculation linguistique et philosophique. Afin d’éviter les écueils symétriques de l’identitarisme et de la dispersion, on a choisi de se restreindre au cadre spatio-temporel de l’Occident latin du Moyen Âge central et du bas Moyen Âge (IXe-XVe siècle), tout en ne se limitant pas à la Bible latine sous ses différents aspects, mais en incluant la torah et le Coran.
Quatre problématiques essentielles – sans exclusive d’autres questions – structureront les demi-journées ;
 
1 ) Les mutations codicologiques et formelles de la Bible comme problème d’histoire du livre et d’histoire sociale, du Xe au XIIIe siècle.
 
2 ) Les stratégies de mémorisation des textes sacrés (Bible et psautier).
 
3 ) Le rôle de stimulus d’une réflexion (linguistique, philosophique, etc…) à partir du texte sacré débouchant sur l’appréhension d’une société (Coran dans l’environnement judéo-chrétien au XVe siècle ; torah dans la pensée juive des XIIIe-XVe siècles).
 
4 ) L’articulation entre la réflexion théologique, sa traduction idéologique et son instrumentalisation politique (Bibles latine et anglaise, XIIIe-XVe siècle).
 
 
Tous renseignements auprès de : benoit.grevin@orange.fr

 

date: 

mer, 26/05/2010 - ven, 28/05/2010